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Fiction : Le soir de vérité.



"Ce soir là, j'ai compris que je ne pouvais plus me mentir à moi-même."  


Photographie de  la lune prise par moi-même. 


Chaque soir je rêve de moi.
Cela peut sembler égocentrique mais cela est vital pour moi.
La journée je dois vivre dans ce corps qui est le mien mais en même  temps non. 
Il me l'a était donné à la naissance mais il ne me plaît pas, il ne me reflète pas tel que je suis, l'image est erronée.

Comme s'il y avait un brouillard entre ce que je suis et ce que je parais.
Ce corps est d'un inconfort, qui fait que je le rejette et que je n'ai pas l'impression d'être moi, du moins pas pleinement.

Quand on m'appelle par mon "prénom" ou qu'on utilise un qualificatif qui semble me correspondre, j'ai juste envie de crier " erreur sur la personne, ce n'est pas moi".
 J'aimerais leurs dire que je suis caché (e) au fond, qu'il faut gratter sous la couche pour me trouver. Que la seule chose qui me caractérise et qui soit juste à mon égard, est mon caractère. J'aimerais leurs dire que je pleure chaque fois que je me retrouve avec comme seule compagnie moi-même. Que je regrette tous ces petits moments , que cela soit sous la douche, ou devant le miroir. Ces moments d'intimités sont de véritables tortures pour moi. J'ai même suggéré à en finir avec moi-même, tellement que ce corps m'était insupportable.

Il était devenu ma prison. 
Je ne pouvais pas rester comme cela. 
Je ne m'identifiais plus à ce qu'on voulait de moi.A ce que la société voulait que je sois comme pion. Je ne me sentais plus moi et je ne pouvais plus le garder en moi. Je devais l'extérioriser car cela me faisait du mal et me ronger.
J'avais sans cesse dans ma tête cette voix, qui me répétait  des mauvaises paroles pour me faire rappeler que je n'étais pas bien dans ma peau.
J'étais arrivé(e) au stade de la haine à mon propre égard, faire semblant n'était plus concevable.

Je me souviens qu'un soir, j'ai crié de toutes mes forces et pleuré toutes les larmes de mon corps.
 Je voulais me libéré(e), et faire entendre toute ma souffrance, mon mal-être.
 J'étais dans le noir absolu et ma mère est venue me voir, inquiète de mon état. Elle m'a demandé ce qui se passé pour que je puisse me mettre dans des états pareils. Je lui ai donc répondu que je ne m'aimais pas et que le mot " détester" n'était pas ce qui aller  au mieux, que je voulais en finir. Elle me regarda avec de grands yeux et me dit que j'étais une jolie personne et que je ne devais pas m'inquiétais. Je lui dis donc que j'aimerais la croire mais que  je ne me sens pas capable, en étant enfermé(e) dans ce corps, et surtout pas moi-même. Elle m'a regardé en rigolant légèrement, pensant que je disais cela d'un ton humoristique.

A ce moment-ci, mon cœur s'est serré de plus belle. 
Ce qui enchaîna n'était pas les paroles réconfortantes que j'aurais voulu:
 "Ce n'était qu'une passade.
Tu dis n'importe quoi. 
Tu es trop dans les émotions. 
Je suis sûre que c'est une caméra cachée. 
Non, je sais! Tu as pris des cours de théâtre et tu ne voulais pas me le dire."
 Mes larmes recouvraient la totalité de mon visage et la seule chose que j'ai pu répondre était:
" Le seul rôle que j'ai joué c'était  un faux moi, et il est temps que je fasse véritablement mon entrée sur scène".

-By Yma. 

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