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Fiction: Natacha.





Sur le chemin pour rentrer à mon appartement , je sens les regards sur moi. 
Ils semblent grands, pesants. Surtout ils semblent juger.
 Ils pensent me connaître, en me voyant faire des aller retour sans cesse avec une tenue provocante . Ils ne savent rien , du moins ils ne savent que ce qu’ils les arrangent.
 Ils maintiennent leurs jugements pour pouvoir dire qu’il y a la “pute “ du quartier.
Sous le lampadaire, j’ai l’impression que mes “ crimes “ sont mis sous les feux des projecteurs.
 A ce moment là, je cours, je m’enfouis et m’engouffre dans la nuit noire. Je me dirige à la hâte à mon appartement. Je rentre. Pas  un sourire de personne, même pas du concierge.
 Je me dis c’est pas grave c’est une habitude. 
Je monte jusqu'à mon étage , le 6 éme , porte numéro 66.


Arrivée, j’allume la lumière et me déshabille , un peu comme une habitude. Il fait nuit, je suis seule. De toute manière qui voudrait d’une petite amie qui vend son corps le soir pour l’argent ? Je ne sais pas , mais je ne pense pas beaucoup. Même s’ils disent nous aimer, cela semble gênant pour eux. J’enlève donc ma petite culotte doucement, ainsi que mon soutiens-gorge. 




Je me faufile dans la salle de bain. Je me prépare un bain bien froid et j’attends. Pendant ce temps, je me démaquille pour retrouver un peu de naturel.
 Le moment venu, j’immerge dans l’eau froide.
 Le contact glacé me surprend mais me fait du bien.
 Cela change des corps chauds que j’ai l’habitude de sentir sur le mien, partout.
 Les caresses qui me viennent et transportent la chaleur,  le désir. Que cela me manque déjà. 
De ne plus sentir l'envie dans les yeux des autres.
 De se sentir plaire aux yeux de quelqu'un, même si ce n’est que pour le corps.
 De laisser ressortir notre côté sournois, et d’user de nos charmes pour parvenir à nos fins.L’argent.


                  Je conçois qu’il y a d’autres moyen de gagner sa vie, mais on ne choisit pas forcément.


Cette vocation m’est venue quand j’avais tout perdue.
 Au bout de ma vie,  après une rupture douloureuse et sans famille.
 J’errais dans les rues de Paris. Seule, je marchais. Un soir par ennuie je m’approchai d’un poteau. 
Je posai ma main dessus et je me suis mise  à tourner autour. 
 Je me sentais vivre presque. Perdue et sans moyen, faire cela m’amuser. 
Je semblais innocente. Je dansais, je rigolais presque de mes malheurs ...


  C’est ce soir là que ma vie a changé.

 Dans mon élan,  je sentais une présence. 
Je terminai donc ma pirouette digne d’une patineuse artistique. Puis je  me retrouvai face à l’individu à mon arrêt.
 Elle se présenta : Carmen. Je me présentai : Natacha .

Je lui souris pour casser la gêne, et  elle me le rendit. 
Tactique pour mettre en confiance.
 Elle m’interrogea par la suite sur mon âge, ma profession , où je vivais etc … Je lui ai répondu, du tac sans réfléchir. Et pourtant j’aurais dû. Elle semblait  avoir pitié de moi. Par geste de courtoisie, elle me proposa de dormir chez elle pour la nuit , je ne pouvais pas refuser.

 Sa demeure était immense, je l’enviais. Elle m’installa dans la chambre d’amis.
 Pendant qu’elle faisait à manger, je fis le tour de l’appartement. 
La porte de sa chambre, du moins je supposais, était ouverte. 
Prise de curiosité, je m’y aventurai.
 Son lit était immense, sa penderie également. Un de ses tiroirs était entre ouvert.
 La tentation était trop forte, je regardai. 

Il s’agissait de petites culottes et de tenues extrêmement sexy et cher . De quoi en faire tomber les hommes. Elle entra dans sa chambre à ce moment là. Elle n‘était pas furieuse. Au contraire, elle semblait ravie que j’avais trouvé son « trésor ».
 Elle m’expliqua donc le pourquoi du comment. 
Elle me dit que cela m’irait aussi.
 Je lui répondis donc que je n’avais pas de quoi plaire, surtout pas avec ce corps .



Elle ricana un instant puis me réprima presque. 
Elle m’ordonna de me déshabiller , je lui demanda pourquoi. 
Elle me répliqua : « C’est l’heure de la confrontation » .
Je ne ne ripostai  pas car elle me semblait forte et capable de me faire du mal.
Elle détailla mon corps. Qui n'était pas très grand , assez mince , avec des vergetures, un peu de hanche et une poitrine moyenne. Elle me rétorqua que j’étais plaisant. je me me suis sentie  gênée.  Puis elle alla me prendre une «  tenue ».
Celle-ci enfilait, je me contemplai et me redécouvris presque comme fatale et  bonne à plaire.
 J’avais une nouvelle image de moi, plus de confiance .


Elle m’expliqua ensuite le processus de ce « métier ». 
C‘était étrange comme vie , de donner du corps , du plaisir en échange d’argent .
 Comme on dit c’est donnant -donnant, mais n’empêche que je ne me voyais pas faire cela. 
La curiosité a pris le dessus: Peut-être que c'était intéressant. J'avais envie de dire à cette ambiance de la nuit: "Surprend moi!"



Pour mon premier client, j’étais terrifiée mais excitée à la fois. C’était bizarre ce sentiment. Comme si qu’on a envie de franchir la porte mais  en même temps on se sent bien sur le seuil. 
Il a compris directement  ma gêne et m’aida un peu. Me familiarisa avec cette nouvelle moi. 

Au fur et à mesure , je parvenais à donner du plaisir.
Toujours plus et je récoltais le fuit de ma semence.
J’étais devenue une allumeuse.
J’aimais sentir l’envie me gravir, les mains qui me caressaient tout le corps, autrement dite mains baladeuses.
C’était devenu la routine. Je m’amusais et quand je rentrais, les regards et les remarques m’accueillaient à bras ouverts .


Je me retrouvais comme toujours entre deux clients, dans ma salle de bain. A l'aise dans le creux de ma baignoire. 
De temps en temps, il m’arrivait de me demander si j’étais encore humaine, pour moi même ou bien j’étais devenue pour moi même un objet ? Un objet de sexe, de désir.
Et Si la part de pulsion en moi avait  prit le dessus?
De fois en sortant de la douche, en m’apercevant dans le miroir , j’avais un peu le dégoût.
Je me disais que ce que je fais c’est mal. 
Que l’argent que j’avais, il était sale.
 Puis je m’habille. Je mets mes collants, mon corset.
Je me fais belle, me maquille , me coiffe.

 Face à face avec moi-même, je me dis :
 « C’est la vie, si on existe pour mourir autant faire plaisir aux autres. 
Il n’y a pas de mal  à ça, surtout s’il y a quelque chose en retour .»



- By Yma.

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